REER ou CELI : lequel remplir en premier en 2026 ?
Par Jordan Ellis · Publié le
Réponse rapide
Le REER l'emporte quand votre taux marginal est nettement plus élevé aujourd'hui qu'à la retraite : vous déduisez à un taux élevé et vous retirez à un taux plus bas. Le CELI l'emporte quand votre revenu est modeste, quand vous aurez besoin de l'argent avant la retraite, ou quand vous voulez éviter que les retraits réduisent la Sécurité de la vieillesse et le SRG. Avec un revenu sous 55 000 $, commencez par le CELI; au-delà d'environ 70 000 $, le REER devient avantageux. Et si votre employeur verse une cotisation équivalente au REER collectif, cette part passe avant tout le reste.
La question revient chaque printemps, et la réponse tient en une phrase : comparez votre taux marginal d’aujourd’hui à celui que vous aurez au moment du retrait. Tout le reste n’est que détail.
Le principe, en une ligne
Le REER reporte l’impôt : vous déduisez la cotisation maintenant et vous payez l’impôt au retrait. Le CELI fait l’inverse : vous cotisez avec de l’argent déjà imposé, et plus jamais un dollar d’impôt ensuite.
Mathématiquement, les deux donnent le même résultat si votre taux d’imposition est identique à la cotisation et au retrait. L’écart vient uniquement de la différence entre ces deux taux, et de ce que vous faites du remboursement d’impôt.
Quand le REER gagne
- Votre taux marginal est élevé aujourd’hui. Au Québec, il dépasse 37 % dès environ 60 000 $ de revenu imposable et grimpe au-delà de 45 % après 117 000 $. Déduire à 45 % pour retirer plus tard à 30 % représente un gain permanent.
- Votre employeur verse une cotisation équivalente. Une contrepartie de 100 % est un rendement immédiat de 100 %, sans risque. Cette part passe avant le CELI, avant le remboursement de dettes, avant tout.
- Vous visez le RAP. Le Régime d’accession à la propriété permet de retirer jusqu’à 60 000 $ pour une première maison, à rembourser sur 15 ans.
- Vous réinvestissez le remboursement. Tout l’avantage du REER suppose que le remboursement d’impôt retourne dans un placement. Dépensé, l’avantage disparaît.
Quand le CELI gagne
- Votre revenu est modeste. Sous environ 55 000 $, la déduction vaut peu et le taux à la retraite risque d’être aussi élevé, voire plus.
- Vous aurez besoin de l’argent avant la retraite. Le CELI se retire sans impôt et les droits reviennent le 1er janvier suivant.
- Vous voulez protéger vos prestations. Les retraits du CELI ne comptent pas dans le revenu net, donc ils ne touchent ni la Sécurité de la vieillesse ni le Supplément de revenu garanti. Pour un retraité à revenu modeste, le SRG se récupère à un taux effectif très élevé : le CELI évite complètement ce piège.
- Votre revenu va augmenter. Au début d’une carrière, il vaut souvent mieux remplir le CELI et conserver les droits REER pour les années où votre taux marginal sera plus élevé. Les droits REER ne se perdent pas.
L’ordre à suivre
- La cotisation équivalente de l’employeur, jusqu’au maximum offert.
- Les dettes à taux élevé. Rembourser une carte à 22 % bat n’importe quel placement, avec certitude.
- Le CELIAPP si une première propriété est dans vos plans : déduction à l’entrée et retrait libre d’impôt à la sortie.
- Le CELI si votre revenu est modeste ou si l’horizon est incertain.
- Le REER dès que votre taux marginal est élevé, en réinvestissant le remboursement.
- Le compte non enregistré, une fois le reste rempli.
Un exemple chiffré
Comparons à armes égales : 10 000 $ de revenu avant impôt, un rendement de 6 % et un horizon de 25 ans. Dans le REER, les 10 000 $ entrent au complet et l’impôt est payé au retrait. Dans le CELI, l’impôt est payé tout de suite, donc le montant investi est plus petit.
| Votre taux aujourd’hui → à la retraite | REER, net après 25 ans | CELI, net après 25 ans |
|---|---|---|
| 45 % → 30 % | 30 043 $ | 23 605 $ |
| 30 % → 30 % | 30 043 $ | 30 043 $ |
| 27 % → 37 % | 27 039 $ | 31 331 $ |
La deuxième ligne est la plus révélatrice : à taux égal, les deux comptes donnent exactement le même résultat. Tout l’avantage du REER vient de l’écart entre les deux taux, et il suppose que le remboursement d’impôt soit réellement investi plutôt que dépensé.
Pour connaître votre taux marginal réel, entrez votre salaire dans le calculateur de salaire net : il affiche le taux qui s’applique à votre prochain dollar, et l’économie d’impôt d’une cotisation REER.
Les plafonds 2026
- CELI : 7 000 $ pour l’année, 109 000 $ cumulatifs pour une personne de 18 ans ou plus depuis 2009 qui n’a jamais cotisé.
- REER : 18 % du revenu gagné de 2025, jusqu’à 33 810 $, moins le facteur d’équivalence.
- CELIAPP : 8 000 $ par année, 40 000 $ à vie.
- Date limite REER : le 1er mars 2027 pour l’année d’imposition 2026.
Les droits inutilisés se reportent indéfiniment dans les trois cas, mais le CELIAPP se distingue : le report est plafonné à 8 000 $ et le compte ne peut rester ouvert indéfiniment.
L’erreur la plus fréquente
Choisir le REER pour le remboursement d’impôt, puis le dépenser. Le remboursement n’est pas un cadeau : c’est de l’impôt reporté que vous paierez au retrait. Un REER dont le remboursement part en voyage devient un simple compte imposable avec des règles de retrait plus contraignantes.
L’erreur inverse existe aussi : cotiser au CELI à 100 000 $ de revenu alors qu’une cotisation REER rapporterait une économie immédiate de plus de 45 % — et que la retraite s’annonce à un taux bien inférieur.