RRQ à 60, 65 ou 72 ans : quel âge choisir ?
Par Jordan Ellis · Publié le
Réponse rapide
En 2026, la rente maximale du RRQ à 65 ans est de 1 507,65 $ par mois. À 60 ans, elle tombe à 64 % de ce montant, soit 964,90 $, et à 72 ans elle atteint 158,8 %, soit 2 394,15 $. Le Québec se distingue ici du reste du Canada : le RPC ne peut être reporté qu'à 70 ans, alors que le RRQ peut l'être jusqu'à 72 ans. Le point d'équilibre entre demander à 60 ans et attendre à 65 ans se situe autour de 74 ans; entre 65 et 72 ans, autour de 84 ans.
Le choix de l’âge est la décision la plus lourde du RRQ, et elle est irréversible. Voici les montants réels et le raisonnement derrière chacun.
Les montants 2026
| Âge de la demande | Pourcentage de la rente de 65 ans | Maximum mensuel |
|---|---|---|
| 60 ans | 64 % | 964,90 $ |
| 65 ans | 100 % | 1 507,65 $ |
| 70 ans | 142 % | 2 140,87 $ |
| 72 ans | 158,8 % | 2 394,15 $ |
Ces montants sont les maximums. Ils supposent une carrière complète cotisée au maximum des gains admissibles, ce qui est rare. Votre relevé de participation, dans Mon dossier de Retraite Québec, indique votre montant réel.
La particularité québécoise : 72 ans
Depuis 2024, le RRQ peut être reporté jusqu’à 72 ans, alors que le Régime de pensions du Canada s’arrête à 70 ans. Pour un retraité en bonne santé qui n’a pas besoin de l’argent immédiatement, ces deux années supplémentaires ajoutent près de 17 points de pourcentage à la rente, indexée et garantie à vie.
Le point d’équilibre
Demander tôt donne plus de versements, mais plus petits. Attendre donne moins de versements, mais plus gros. Le croisement se situe :
- 60 ans contre 65 ans : autour de 74 ans
- 65 ans contre 72 ans : autour de 84 ans
Si vous dépassez ces âges, l’attente aura rapporté davantage en dollars cumulés. L’espérance de vie moyenne à 65 ans au Québec dépasse ces seuils, ce qui explique pourquoi les planificateurs recommandent souvent d’attendre. Mais une moyenne n’est pas une personne : votre santé et vos antécédents familiaux comptent plus que la statistique.
Quand demander tôt reste logique
- Votre santé est fragile ou votre espérance de vie est réduite.
- Vous en avez besoin pour vivre. Une rente encaissée à 62 ans qui évite de vider un REER à un mauvais moment vaut mieux qu’un calcul théorique.
- Vous recevez le Supplément de revenu garanti. Le SRG est réduit selon le revenu : la coordination entre RRQ, SRG et retraits de REER demande un calcul personnalisé, parfois à l’avantage d’une demande hâtive.
- Vous voulez investir la rente. Possible, mais il faut battre une rente indexée et garantie à vie — un rendement difficile à égaler sans risque.
Quand attendre est payant
- Vous travaillez encore après 65 ans. La rente s’ajouterait à un revenu déjà imposé, souvent au taux marginal le plus élevé de votre vie.
- Vous avez d’autres actifs à dépenser d’abord. Utiliser le REER entre 65 et 72 ans réduit le solde imposable au décès et augmente la rente garantie.
- Vous craignez de vivre longtemps. Le RRQ est la meilleure assurance longévité du système : indexé, garanti, sans risque de marché.
Ce que le RRQ ne fait pas seul
La rente maximale de 1 507,65 $ par mois représente environ 18 000 $ par année, avant impôt. Avec la Sécurité de la vieillesse, un retraité type obtient un plancher, pas un train de vie. Le reste vient du REER, du CELI et des régimes d’employeur — dont vous pouvez estimer l’effet fiscal avec le calculateur de salaire net, puisque les retraits de REER et de FERR sont imposés comme un revenu ordinaire.