Taux fixe ou variable : que choisir en 2026 ?
Par Jordan Ellis · Publié le
Réponse rapide
Le taux variable est fixé à partir du taux préférentiel (4,45 % en septembre 2026), qui suit le taux directeur de la Banque du Canada, actuellement à 2,25 %. Le taux fixe suit plutôt le rendement des obligations du gouvernement du Canada et ne bouge pas de votre terme. Historiquement, le variable a coûté moins cher plus souvent qu'autrement, mais 2022 et 2023 ont montré la brutalité de l'exception. La différence la plus sous-estimée n'est pas le taux : c'est la pénalité. Briser un prêt variable coûte trois mois d'intérêts; briser un prêt fixe peut coûter cinq chiffres à cause de la différence de taux d'intérêt.
Le choix se présente comme un pari sur les taux. En pratique, il devrait surtout dépendre de votre tolérance au risque et de la probabilité que vous brisiez le prêt avant la fin du terme.
Ce qui fait bouger chaque taux
Le taux variable est fixé à partir du taux préférentiel — 4,45 % en septembre 2026 — sous la forme « préférentiel moins un escompte ». Le taux préférentiel suit le taux directeur de la Banque du Canada, qui est à 2,25 %. Quand la Banque bouge, votre taux suit en quelques jours.
Le taux fixe ne suit pas la Banque du Canada. Il suit le rendement des obligations du gouvernement du Canada, qui réagit aux attentes d’inflation et de croissance. C’est pourquoi les taux fixes peuvent baisser des semaines avant une coupure, ou monter malgré elle.
Le vrai coût d’une variation
Sur un prêt de 500 000 $ amorti sur 25 ans, chaque mouvement de 0,25 point représente environ 67 $ par mois. Une hausse d’un point complet ajoute près de 270 $ par mois.
Sur un prêt variable à versement fixe, le versement ne change pas : c’est la répartition entre capital et intérêts qui bouge, et l’amortissement qui s’allonge. C’est plus confortable au quotidien, mais le choc arrive au renouvellement, d’un seul coup.
La pénalité, le facteur que personne ne regarde
| Pénalité pour briser le prêt | |
|---|---|
| Variable | Trois mois d’intérêts, soit environ 5 000 $ sur 400 000 $ à 5 % |
| Fixe | Le plus élevé entre trois mois d’intérêts et la différence de taux d’intérêt (IRD) |
L’IRD dépend de la méthode du prêteur. Les grandes banques la calculent à partir de leurs taux affichés, ce qui gonfle l’écart et produit des pénalités de 10 000 $ à 20 000 $ sur un terme de cinq ans brisé à mi-parcours. Les prêteurs monoline utilisent plutôt leurs taux réels, avec des pénalités souvent trois fois moindres.
Cela compte parce qu’une minorité seulement des emprunteurs se rend au bout de son terme : déménagement, séparation, refinancement, nouvelle occasion. Si la probabilité de briser le prêt est réelle, le variable offre une porte de sortie bien moins coûteuse.
Les questions à se poser
- Une hausse de deux points ferait-elle mal ? Si la réponse est oui, le fixe est le choix honnête, peu importe les prévisions.
- Allez-vous garder ce prêt jusqu’à la fin du terme ? Si c’est incertain, la pénalité du variable vaut mieux que celle du fixe.
- L’écart entre les deux est-il significatif ? Quand le variable est nettement sous le fixe, le pari a une marge de sécurité. Quand l’écart est mince, vous obtenez la certitude presque gratuitement.
- Dormirez-vous bien ? Un emprunteur qui convertit en panique au pire moment perd davantage que celui qui a choisi le fixe dès le départ.
Ce qu’il faut regarder en plus du taux
- Les privilèges de remboursement anticipé, souvent de 15 % à 20 % par année
- La portabilité du prêt, si un déménagement est probable
- Le mode de calcul de l’IRD, écrit noir sur blanc dans l’engagement hypothécaire
- La possibilité de convertir le variable en fixe, et à quel taux
Comparez ensuite les versements réels avec la calculatrice hypothécaire, et vérifiez le montant que le test de résistance vous permet d’emprunter avant de négocier quoi que ce soit.